Force Citoyenne Populaire

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Un nouveau parti pour les quartiers populaires

mardi 5 juin 2012

Des années de négociations, de disputes et de désillusions n’auront pas eu raison de leur détermination. Le week-end dernier, à l’école La Fontaine de Nanterre (92), les militants associatifs du Forum social des quartiers populaires (FSQP)
ont franchi une nouvelle étape en fondant leur propre parti : le FCP (Force citoyenne populaire). Un mouvement politique présenté comme « autonome, issu des quartiers et des immigrations » et destiné à « défendre les quartiers populaires et autres territoires délaissés tels que les zones rurales et les Dom-Tom », explique Zouina Meddour, issue du Mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB).
Las des politiques, tous bords confondus, qu’ils jugent « rétrogrades » et « inadaptées » aux besoins des quartiers populaires, les membres du FCP ont donc
décidé de prendre les choses en main, en donnant « aux jeunes une clef pour qu’ils aménagent leur maison comme ils le souhaitent », précise Abdelazziz Chambi,
président de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI). « La situation des quartiers se dégrade de plus en plus, témoigne Christel Husson, qui s’est exprimée samedi, au nom du nouveau parti. Logement, école, discriminations… Ce sont toujours les mêmes qui trinquent sans que personne s’en soucie en dehors des périodes électorales. Partant de là, il fallait que nous donnions nous-mêmes une solution politique. »

Actée il y a trois ans à Montpellier, cette solution politique a donc été concrétisée ce week-end, à une semaine du premier tour des élections législatives.
« Un hasard » pour ses fondateurs qui refusent de s’inscrire dans un quelconque agenda politique, ou plutôt, ont déjà les yeux rivés sur les municipales de
2014. « Le FCP est un moment historique, indique Abdelazziz Chambi. C’est l’aboutissement de trente ans de galères qui nous ont permis d’arriver à une
véritable maturité politique. On ne voulait pas se lancer tout de suite dans une bataille sans en avoir les moyens.
 »

Des statuts déposés début mai, une centaine d’adhérents à ce jour, un groupe de neuf personnes chargées de la coordination, trois commissions (finance, communication, programme), un texte d’appel à se rassembler… Le tout jeune parti
s’organise peu à peu. Les tâches de chacun ont été distribuées dimanche, en attendant l’université d’été qu’ils espèrent pouvoir tenir dans quelques mois. D’ici
là, ils ambitionnent également de partir en tournée pour présenter le FCP un peu partout en France et trouver des financements. « Nous allons notamment
nous adresser à ceux qui sont issus des quartiers et qui ont réussi
 », explique M. Chambi.

« Il y a 75 % d’abstentionnistes qui nous attendent, poursuit-il. On va jouer les VRP pour dire aux gens de s’emparer de ce que nous avons créé pour eux. Pour leur dire : “Maintenant, t’as un outil, alors prends-toi en charge.” Et à tous ceux qui vont essayer de nous attaquer, nous le disons tout de suite : le FCP n’est pas un parti ethnique, religieux ou communautaire. C’est un parti de droit commun où tout le monde peut venir.  »

Abandon, mensonges, coups fourrés…
Comme beaucoup de sujets débattus par le Forum social des quartiers populaires depuis sa création en 2007, le choix même du nom du nouveau parti a donné lieu à de vifs échanges, certains défendant l’idée d’y intégrer les notions de banlieue et d’immigration, d’autres s’y refusant. « Nous avons beaucoup discuté et nous sommes fiers d’être finalement tombés d’accord sur le nom de “Force citoyenne populaire”,

Directeur de la publication : Edwy Plenel
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PAR ELLEN SALVI, ARTICLE PUBLIÉ LE MARDI 5 JUIN 2012


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